La Naissance d’autrui de l’Antiquité à la Renaissance

Jérôme LAGOUANERE (dir.), 2019.

 

Le présent volume montre, en croisant philosophie, histoire et littérature, comment l’Antiquité païenne et chrétienne a pensé la notion d’autrui et étudie quel a été l’héritage de cette double tradition philosophique et chrétienne au Moyen Âge et à la Renaissance.

(Texte par auteurs)

 

Table des matières

INTRODUCTION

Lagouanère (Jérôme) – Penser à autrui depuis l’Antiquité

PREMIÈRE PARTIE – PENSER L’ALTÉRITÉ DANS LE MONDE GREC CLASSIQUE

Occhipinti (Egidia) – Internal otherness. The brave Athenians, the dilatory Spartans, the treacherous Thebans

Périllié (Jean-Luc) – La notion d’autrui chez Platon

Fiasse (Gaëlle) – Aristote : la découverte de l’ami, du bien et de l’altérité

DEUXIÈME PARTIE – PENSER L’ALTÉRITÉ DE L’ÉPOQUE HELLÉNISTIQUE À LA ROME IMPÉRIALE

Bourbon (Marion) – « S’identifier à soi-même ». Identité et altérité à l’épreuve de la métaphore cicéro-panétienne des rôles (personae)

Auvray-Assayas (Clara) – Le rôle d’autrui dans le façonnement de soi. Scipion, Atticus et le dialogue cicéronien sur l’amitié

Laurand (Valéry) – L’amitié : une lecture de la Lettre 9 de Sénèque à Lucilius

Pérez-Jean (Brigitte) – Quelle altérité conduit à la suspension du jugement ? L’autre sceptique

Thomas (Jean-François) – Propinquus et ses ‘synonymes’ dans l’expression de l’idée de prochain. Du latin classique aux écrivains chrétiens

TROISIÈME PARTIE – PENSER L’ALTÉRITÉ DANS L’ANTIQUITÉ TARDIVE

Moro (Enrico) – Il duplice comandamento dell’amore. Principio e fine dell’esegesi dal De Genesi contra Manichaeos al De doctrina christiana

Lagouanère (Jérôme) – Le prochain est-il une personne chez saint Augustin ?

Stewart-Kroeker (Sarah) – L’amitié et l’altérité chez Augustin

Cvetković (Carmen Angela) – Christianity, Romanitas and the Politics of Otherness in the Late Ancient West

QUATRIÈME PARTIE – PENSER L’ALTÉRITÉ DU MOYEN ÂGE À LA RENAISSANCE

Stanciu (Diana) – The Divine and the Human Other. Rhetoric of Power and Embodied Cognition in the Early Medieval Debate on Relics

Cerno (Marianna) – When the « Other » has another God. Christians towards Saracens in Italian Hagiography before the first Crusade

Wendling (Fabrice) – L’Europe latine et la ‘question de l’Autre’. L’Islam dans l’œuvre de Nicolas de Cues

Meyers (Jean) – Construction et images de l’autre et de l’étranger dans les Errances de frère Félix Fabri (1483-1484)

Chevalier (Jean-Frédéric) – Pétrarque, Augustin et la Trinité. Quels regards sur le mystère de l’altérité ?

Mariani Zini (Fosca) – Une bruyante solitude. Remarques sur l’égoïsme (xiv–xve siècles)

Bibliographie

Index des passages cités

Index des noms modernes et contemporains

Résumés

Iamblichus

Adrien Lecerf et Riccardo Chiaradonna, 2019

Iamblichus (ca. 242–ca. 325) was a Syrian Neoplatonist and disciple of Porphyry of Tyre, the editor of Plotinus’ works. One of the three major representatives of early Neoplatonism (the third one being Plotinus himself), he exerted considerable influence among later philosophers belonging to the same tradition, such as Proclus, Damascius, and Simplicius. His work as a Pagan theologian and exegete earned him high praise and made a decisive contribution to the transformation of Plotinian metaphysics into the full-fledged system of the fifth-century school of Athens, at that time the major school of philosophy, along with the one in Alexandria. His harsh critique of Plotinus’ philosophical tenets is linked to his pessimistic outlook on the condition of the human soul, as well as to his advocacy of salvation by ritual means, known as “theurgy”.

(Texte par auteurs)

 

  • 1. Life and Works
    • 1.1 Life
    • 1.2 Works
  • 2. Iamblichus’ Place in Greek Neoplatonism
    • 2.1 The second founder of Neoplatonism
    • 2.2 Exegesis
    • 2.3 Philosophy and theology
    • 2.4 Iamblichus’ posterity
  • 3. Iamblichus’ System
    • 3.1 The One and the higher principles
    • 3.2 “Intelligible” and “intellective”
    • 3.3 Lower entities
    • 3.4 Nature and Matter
    • 3.5 Overarching concepts and general traits
  • 4. Pythagoreanism, Mathematics
    • 4.1 Limit and the Unlimited
    • 4.2 Mathematics
    • 4.3 Iamblichus and Pythagoreanism
  • 5. Logic and the Categories
    • 5.1 Iamblichus’ commentary work on Aristotle
    • 5.2 The Pythagorean reading of the Categories
    • 5.3 Categories and theology
  • 6. The Soul, Theurgy and Religion
    • 6.1 The soul’s place in the system
    • 6.2 Soul and embodiment
    • 6.3 Soul’s ascent and salvation; religion
  • 7. Ethics and Politics
    • 7.1 Neoplatonism and politics
    • 7.2 The hierarchy of virtues
  • Bibliography
    • A. Primary Sources
      • A.1 Extant Works by Iamblichus
      • A.2 Fragmentary Works by Iamblichus
      • A.3 Works by Iamblichus Whose Title Only is Known
      • A.4 Editions and Translations
      • A.5 Other Primary Sources
    • B. Secondary Sources
      • B.1 General References
      • B.2 Selected Studies
  • Academic Tools
  • Other Internet Resources
  • Related Entries

Vous pourrez la trouver à l’adresse suivante :

https://plato.stanford.edu/entries/iamblichus/

Origène et la fonction révélatrice du Verbe incarné

 

7 Juin 2019

Publié en 1958, ce livre de Marguerite Harl marque un progrès majeur dans les études sur Origène. Embrassant l’ensemble des oeuvres connues du grand maître chrétien, il révèle les méthodes suivies dans ses recherches par l’Alexandrin, à partir de l’analyse des textes eux-mêmes, sans préjugés dogmatiques ni apologétiques. Ce livre met en valeur la carrure intellectuelle d’Origène, son attention aux débats philosophiques de son époque ainsi que son recours à la raison jusque dans l’analyse de l’aspiration mystique. Enfin, Marguerite Harl insiste sur la rigueur de sa science exégétique de bibliste, la force de sa pensée engagée dans une quête perpétuelle de clarté, des homélies aux traités en passant par les Commentaires des Écritures.
Ce livre a été en son temps salué par la critique comme une contribution capitale au renouveau des connaissances sur Origène, sur les Pères de l’Église et sur l’Antiquité tardive mené dans un cadre universitaire sous l’impulsion et à l’exemple de Henri-Irénée Marrou, Henri-Charles Puech et André-Jean Festugière. Il reste aujourd’hui, soixante plus tard, un ouvrage de référence. Le portrait qu’il donne d’Origène au travail n’a pas pris une ride et constitue l’introduction savante la plus sûre à ses œuvres.

https://halldulivre.com/livre/9782251449517-origene-et-la-fonction-revelatrice-du-verbe-incarne-marguerite-harl/

(Texte de l’éditeur)

 

El hermetismo y la alquimia son dos expresiones filosófico-religiosas que han convivido, haciéndose intercambios mutuos de diversa índole, en el contexto de la Antigüedad tardía. Una prueba de esto podría encontrarse fácilmente en la figura y obra de Zósimo de Panópolis, un autor egipcio de fines del siglo III y principios del siglo IV, que combina las enseñanzas de Hermes con los primeros escritos alquímicos y occidentales de los que se tenga noticia; Jámblico de Calcis, por su parte, con una propuesta contemporánea y similar, la teúrgia, sostendrá que Pitágoras, Demócrito, Platón y Eudoxo, habrían extraído su filosofía de la sabiduría egipcia; San Agustín, un testigo claro de estos sincretismos, será el que transmita los fragmentos de un texto hermético, el famoso Asclepio latino; con anterioridad, sin embargo, los escritos gnósticos de Nag Hammadi, además de legar textos explícitamente herméticos (el Discurso sobre la Ogdóada y la Enéada, la Oración de acción de gracias y el Discurso Perfecto), describirán a Hermes bajo la figura del pastor (Tratado del gran Espíritu invisible), o bien, señalarán vocabularios típicos de la alquimia –el caso de la purificación de los metales– a través de planteos  judeo-apocalípticos y platonizantes (El Alógenes); en el medioevo estos contactos se intensifican y se propagan, y un ejemplo de eso estaría en las conocidas obras de la Tabula Smaragdina, la Turba philosophorum y el Picatrix; la modernidad ubica en un lugar preferencial al dios Hermes-Thot, y desarrolla las vertientes alquímicas  (en sus versiones cristianas y no cristianas), con el abad Tritemio, Paracelso, Cornelio Agrippa, Jacobo Böhme, que influirán significativamente en personajes como Roger Bacon, Giordano Bruno, Godfried Leibniz, e Isaac Newton; en el siglo XX, podríamos mencionar como cultores y transmisores de ambas expresiones, a René Guénon, Julius Evola, Mircea Eliade, Titus Burckhardt, Carl Gustav Jung, Elémire Zolla, y en la literatura, Jorge Luis Borges, Leopoldo Marechal, Gabriel García Márquez, Umberto Eco, entre otros, como una prueba de la pervivencia de algunos motivos en el mundo contemporáneo.

(Text by the organizers)

 

Porphyry’s On the Cave of the Nymphs in its Intellectual Context

Series: Studies in Platonism, Neoplatonism, and the Platonic Tradition, 23

Nilüfer Akçay, 2019

Neoplatonic allegorical interpretation expounds how literary texts present philosophical ideas in an enigmatic and coded form, offering an alternative path to the divine truths. The Neoplatonist Porphyry’s On the Cave of the Nymphs is one of the most significant allegorical interpretation handed down to us from Antiquity. This monograph, exclusively dedicated to the analysis of On the Cave of Nymphs, demonstrates that Porphyry interprets Homer’s verse from Odyssey 13.102-112 to convey his philosophical thoughts, particularly on the material world, relationship between soul and body and the salvation of the soul through the doctrines of Plato and Plotinus. The Homeric cave of the nymphs with two gates is a station where the souls descend into genesis and ascend to the intelligible realm. Porphyry associates Odysseus’ long wanderings with the journey of the soul and its salvation from the irrational to rational through escape from all toils of the material world.

 

Contents

Introduction

Allegory as a Way of Thinking in On the Cave of the Nymphs

The Cave as Symbol and Image of the Cosmos  

Embodiment

The Path towards the Immortality of the Soul

Conclusion

Bibliography

General Index

 

 

Porphyre. LʼAntre des Nymphes dans lʼOdyssée.

Études d’introduction par Tiziano Dorandi, Marie-Odile Goulet-Cazé, Wolfgang Hübner, Adrian Mihai, Filippomaria Pontani, Irini Fotini Viltanioti

Texte grec révisé par Tiziano Dorandi

Traduction française par Agnès Bastit, Tiziano Dorandi, Roger-Pol Droit, Angelo Giavatto, Marie-Odile Goulet-Cazé, Victor Gysembergh, Fabienne Jourdan, Frédérique Ildefonse, Isabelle Koch, Constantinos Macris et Luciana Gabriela Soares Santoprete.

Travaux édités sous la direction de Tiziano Dorandi, 2019

De retour à Ithaque (Odyssée XIII 102-112), Ulysse dépose les présents qu’il a reçus d’Alcinoos, le roi des Phéaciens, dans une grotte située sur la côte de son île. Se situant dans un courant d’interprétation pratiquée par des platoniciens comme Numénius, Porphyre propose une exégèse allégorique de ces lignes. La grotte devient le symbole du monde sensible dans lequel l’âme humaine descendant de l’intelligible vient s’établir pour un temps, avant de remonter vers son lieu d’origine. On se trouve alors dans un contexte où se mêlent littérature et philosophie néoplatonicienne, puisque la description des pérégrinations cycliques de l’âme humaine est, selon Porphyre, anticipée dans ces quelques vers de l’Odyssée, un millénaire auparavant. C’est à une lecture passionnante, guidée par les meilleurs spécialistes, que nous convie cet ouvrage.

 

TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos – Tiziano Dorandi

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Structure de l‘Antre des Nymphes. Une proposition de lecture – Marie-Odile Goulet-Cazé

Porphyre lecteur d’Homère – Irini Fotini Viltanioti

Les « Questions homériques » de Porphyre – Filippomaria Pontani

Les éléments astrologiques dans le De Antro Nympharum – Wolfgang Hübner

Les témoins et l’histoire du texte – Tiziano Dorandi

PORPHYRE

L’ ANTRE DES NYMPHES

Présentation du texte et de l’apparat

Texte grec et traduction française

Passages d’auteurs antiques cités par Porphyre

Descriptif de 1‘Antre des Nymphes – Adrian Mihai

Notes a la traduction française

Bibliographie – Tiziano Dorandi

Savoirs prédictifs et techniques divinatoires de l’Antiquité tardive à Byzance

Paul Magdalino, Andrei Timotin (editors), 2019

Ce volume nous propose pour la première fois une étude sur les savoirs prédictifs et les techniques divinatoires de l’Antiquité tardive en relation avec leur diffusion dans le monde byzantin. Le livre comporte cinq volets : la divination comme objet de réflexion philosophique dans l’Antiquité tardive ; la récupération et la réinterprétation des oracles à la fin de l’Antiquité du côté païen et chrétien ; le discours sur les pratiques divinatoires dans le monde byzantin ; l’astrologie et sa place parmi les disciplines divinatoires dans le monde romain et byzantin ; l’onirocritique dans l’Antiquité tardive et ses prolongements dans le monde byzantin.

 

Contents:

 

Introduction

 

Divination et philosophie

Luc Brisson – Philosophie et oracles : la nouvelle alliance

Andrei-Tudor Man – Chrysippus’ Theory of Divination in Cicero, De divinatione

Andrei Timotin – Divination et providence dans le néoplatonisme tardif (Jamblique et Proclus)

Marilena Vlad – La divination du principe chez Damascius et le silence de Platon

 

Oracles païens et chrétiens

Aude Busine – Les Chrétiens face aux oracles d’Apollon, du rejet à l’adaptation. Retour sur quinze ans de recherche

Francesco Massa – Des démons et des cadavres autour des oracles : polémiques religieuses sur la divination au IVe siècle

Lucia Tissi – Interpréter et conceptualiser les oracles dans l’Antiquité tardive : le témoignage de la Théosophie de Tübingen

 

Les pratiques divinatoires à Byzance

Paul Magdalino – Prophecy, Divination and the Church in Byzantium

Jean-Cyril Jouette – La nécromancie dans l’Empire mésobyzantin

Florin Filimon – The Prediction Method by Means of the Holy Gospel and the Psalter: a Late Byzantine Case of a Reassigned Geomantic Text

 

L’astrologie de Rome à Byzance

Béatrice Bakhouche – L’astrologie entre religion et philosophie ou les contours flous de la divination

Victor Gysembergh – Théorie et pratique de la divination dans l’Antiquité et à Byzance : l’exemple des présages attribués à Eudoxe de Cnide

Adrian Pirtea – From Lunar Nodes to Eclipse Dragons: The Fundaments of the Chaldean Art (CCAG V/2, 131-40) and the Reception of Arabo-Persian Astrology in Byzantium

 

Oniromancie païenne et chrétienne

Elsa G. Simonetti – Prophetic (?) Dreams in Plutarch

Steven Oberhelman – How Popular Were the Byzantine Dreambooks? Divination and Byzantine Dreamers

Francesco Monticini – Les rêves et l’énigme : l’oniromancie dans les commentaires byzantins du traité Sur les songes de Synésios

Bibliographie

Index thématique et de noms propres

7th Biennial Conference of ESSWE

 

Anniversary Volume: « Hermes Explains: Thirty Questions about Western Esotericism »

ESSWE7 conference marks the 20th anniversary of the centre for History of Hermetic Philosophy and Related Currents (HHP). On this occasion, an anthology is being published with contributions from thirty experts from the field of Esotericism. Each article addresses questions about thirty basic issues raised in the subjects studied within this field. The volume is jointly edited by Wouter J. Hanegraaff, Peter Forshaw, and Marco Pasi and it is published from Amsterdam University Press. This book will be officially launched during the Reception ceremony of the ESSWE7 conference (2 July, 19:30-21:30). All the conference participants will be given a free copy of the book.

Ao Kurnugu, Terra Sem Retorno
Descida De Ishtar Ao Mundo Dos Mortos

Jacyntho Lins Brandão, 2019

 

O poema acádio que aqui se apresenta em edição bilíngue, conhecido como Descida de Ishtar ao mundo dos mortos, foi conservado em duas tabuinhas de argila, escritas em cuneiforme, pertencentes à biblioteca do rei assírio Assurbanípal (685-627 a. C.). Tendo sido composto no início do primeiro milênio antes de nossa era, nele confluem tradições semitas e sumérias que remontam ao terceiro milênio, envolvendo a viagem da deusa Ishtar (em sumério, Inana) ao mundo subterrâneo dos mortos – o Kurnugu e sua surpreendente volta dessa “terra sem retorno”.

A relação com a produção mais antiga não supõe demérito, pois no processo de recontar velhas histórias novos sentidos sempre emergem. Sendo Ishtar a deusa ligada à sexualidade, sua descida tem consequências de duas ordens. De um lado, implica o fim da libido sexual que impede a humanidade e os outros animais de sucumbir ao aniquilamento enquanto espécie. De outro, já que à descida da deusa segue seu retorno, a vida prevalece e relativiza-se a absoluta separação entre vivos e mortos, pela instituição de festas a estes dedicadas. O que se celebra, portanto, é a sucessão das gerações tanto em termos dos corpos, quanto da memória. 

A tradução pioneira em língua portuguesa, feita diretamente do acádio por Jacyntho Lins Brandão, é acompanhada de estudo sobre aspectos linguísticos, literários, mitológicos e culturais do poema. Assim, o leitor poderá ter acesso a uma das obras mais refinadas da civilização mesopotâmica antiga, em que se plasmaram, ao longo de milênios, muitas de nossas crenças e de nosso imaginário. 

Fica, portanto, o convite: uma viagem poética às origens, que dizem muito do que somos, e a experiência de um retorno que, se espera, nos faça mais humanos.

La colonie philosophique. Écrire l’histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles

 

Catherine König-Pralong, 2019

L’histoire de la philosophie est une invention des Lumières. En Allemagne comme en France, cette discipline nouvelle a contribué à façonner l’imaginaire occidental moderne en opérant une double colonisation savante de la pensée. Colonisation du temps, d’une part: l’Européen est considéré dorénavant comme le fruit d’une histoire longue de la pensée qui, grâce aux révolutions scientifique et morale, aboutit à l’âge de la raison, de l’autonomie et de la modernité. Colonisation de l’espace, d’autre part : les historiens de la philosophie, à l’instar des ethnologues ou des linguistes, distinguent désormais l’Europe des autres « cultures », qui deviennent le terrain des enquêtes empiriques. L’Europe est ainsi devenue, par le discours de l’histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles, le territoire exclusif de la rationalité analytique et réflexive. La colonie philosophique propose une enquête interdisciplinaire sur ce tournant aux conséquences profondes pour la fabrique du monde contemporain.

(Texte par l’auteur)

 

Table des matières

 

Origine

Introduction

La colonie philosophique

Territorialisations culturelles et colonisations du passé

Une histoire des savoir avec des idées

Une histoire interdisciplinaire de l’histoire de la philosophie

 

Chapitre 1

La raison philosophique moderne et ses historiens (1730-1830)

La philosophie des historiens de la philosophie

Le self de l’historien de la philosophie

Juge et ethnographe

Professeur et pionnier

Généalogiste et évangéliste

 

Chapitre 2

La subjectivité de l’historien en question (1830-1880)

Le dédoublement du self scientifique

Historien de sa propre subjectivité

Faillibiliste et auto-analyste

Acteur, chef d’école et politique

Temporalisation, historicisation, auto-analyse

 

Chapitre 3

Altérité, races et hybridation

L’histoire de la philosophie naturalisée

La construction identitaire de l’altérité arabe

L’Europe comme biotope de la philosophie

L’Arabe dans l’histoire de la philosophie des XVIIIe-XIXe siècles

L’histoire naturelle et comparée de la philosophie

Comparer et exclure: les Arabes et les autres orientaux

 

Chapitre 4

Généalogie philosophico-linguistique

Du français moderne au latin scolastique

Le français classique et de latin scolastique

Linguistique et nationalisme

Le conflit franco-allemand, scolastico-mystique

La modernité française, scolastique et analytique

Une modernité antigermanique

Le joug prosaïque de la raison

La clarté analytique du français

Le conditionnement culturel de l’historiographie philosophique

 

Chapitre 5

La philosophie comme nature et culture

La culture et la nature philosophiques de l’Europe

L’européanisation de la philosophie

La philosophie comme conscience historique et auto-examen

Accélération et vitesse

Une culture chrétienne sécularisée

La province philosophique

 

Chapitre 6

Géographie contre psychologie

Jules Michelet et Victor Cousin

De l’histoire universelle au spatial turn

Les cartes de la civilisation de Cousin et Michelet

Cousin : la philosophie comme dispositif central

Michelet et Cousin

Le dernier Michelet : la décentralisation, germanique et orientale

Michelet et l’histoire de la philosophie

 

Conclusion

Index

Bibliographie