Brill – 2018 in Open Access Publications

 

A new year has started and so we at Brill are looking back at what has been achieved over 2018. We’ve published a magnitude of new content, and every year, a larger part of this becomes available in Open Access, next to the journals, book series and reference works that are published in full Open Access already.

Find out below what Brill has offered you in your field of research:

Asian Studies

Classics

Education

History

Jewish Studies

International Law and International Relations

Languages & Linguistics

Literature & Cultural Studies

Middle East and Islamic Studies

Religious Studies

Social Sciences

(Text by the organizers)

Une Antiquité-monde? Pour une histoire polycentrée de l’Antiquité greco-romaine

 

Mardi 2 avril

18 heures

Au lieu unique, à Nantes

Dans le cadre du cycle de conférences IEAoLU

Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

À l’image des études postcoloniales, exemples de nouvelles instrumentalisations, l’Antiquité gréco-romaine a, elle aussi, en son temps, été instrumentalisée pour écrire le grand récit de l’histoire occidentale. Tout comme les grands empires qui ont légitimé leur domination par l’exemple grec ou romain, les nationalismes européens contemporains et les états décolonisés s’inventent aujourd’hui des ancêtres préromains qui auraient résisté.

Florence Dupont est professeur émérite à l’Université Paris-Diderot et directrice de programme au Collège International de philosophie. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages sur l’antiquité grecque et latine, tant en matière de théâtre que de littérature.

Les mardis de l’IEAoLU sont un cycle de conférences organisé dans le cadre du partenariat de l’IEA avec le lieu unique, chaque deuxième mardi du mois (à 18 heures) et ouvert au public (entrée libre). L’intervenant invité présente un sujet et un chercheur résident de l’IEA donne un éclairage complémentaire (en tant que « discutant »). La discussion s’engage ensuite avec le public. Chaque conférence traite, en français, d’un grand sujet de société et d’actualité ayant une forte dimension internationale.

Les conférences sont filmées et retransmises sur notre site, www.iea-nantes.fr, ainsi que sur notre compte YouTube.

(Text by the organizers)

Émotions de Dieu 

Attributions et appropriations chrétiennes (XVIe – XVIIIe siècle)

 

C. Bernat, F. Gabriel (eds.), 2019

Si le grand mouvement d’histoire des émotions est maintenant très développé et reconnu, un angle mort persiste : il s’intéresse aux émotions des hommes, non à celles de Dieu. Tel est le cœur de ce volume qui couvre une période clef de la thématisation des passions.

Parler de Dieu suppose de lui attribuer des qualités qui montrent combien sa nature diverge de celle de l’homme. De sa perfection découlent notamment l’impassibilité et l’immutabilité. Dès lors, comment parler d’émotions de Dieu, puisque les mouvements, le dérèglement et l’altération qu’elles présument renvoient, dès l’Antiquité, à la faiblesse et à la passivité humaines ? Ces émotions divines traversent pourtant bien l’Ancien Testament, qui présente un Dieu tour à tour affligé, offensé, en colère, aimant et prenant pitié de ses créatures. Ces anthropomorphismes doivent-ils être lus de manière allégorique, comme la preuve d’une inadéquation sémantique et d’une intention pédagogique ? Est-ce parce que ce sujet résiste que le vaste courant d’histoire des émotions l’a délaissé ? L’implication affective du Fils a pourtant été décisive pour appréhender la spécificité chrétienne et l’empathie divine comme source de consolation suprême. Notre volume se situe à l’intersection de ce double angle mort thématique de l’histoire des émotions, et chronologique de l’histoire de la théologie de la souffrance de Dieu qui néglige l’époque moderne. Il propose d’élargir l’enquête aux gestes sociaux dans lesquels les émotions de Dieu sont impliquées. En quel sens peut-on parler d’émotions divines ? Par qui, dans quels cadres et à quelles intentions sont-elles mobilisées ? À quels titres sont-elles révélatrices de la difficulté à penser la divinité ? Les embarras narratifs, ontologiques, exégétiques et confessionnels auxquels donnent lieu ces émotions divines se déploient ici dans des cadres théologiques, homilétiques, littéraires, et plus largement oratoires, théâtraux et guerriers.

(Text by the editors)

 

Table de matières

 

Chrystel Bernat, Avant-propos. Émotion et divinité : valeur heuristique d’un paradoxe doctrinal

Frédéric Gabriel, Introduction. Les émotions de Dieu : situation et histoire d’un problème

Piroska Nagy, Liminaire. Émotions de Dieu au Moyen Âge : de la passivité à la compassion

 

Première partie : Matrices bibliques et philosophiques, entre immutabilité de Dieu et anthropopathie

Gilbert Dahan, Les émotions de Dieu dans l’exégèse médiévale

Alberto Frigo, Affectiones Dei : les débats sur les passions divines dans la scolastique médiévale et postmédiévale

Brigitte Tambrun, Le Dieu des sociniens serait-il sujet à toutes les passions humaines ?

Laurent Thirouin, Quand il est parlé de Dieu à la manière des hommes : l’irritation de Dieu chez Pascal

 

Deuxième partie : Combats et justice : dynamiques de l’émotion divine

Véronique Ferrer, « Jamais le soleil radieux ne se courrouce » : l’interprétation confessionnelle de la colère divine dans le contexte réformé des persécutions (XVIe et XVIIe siècles)

Silvia Mostaccio, Dieu à la guerre. Les émotions de Dieu et la guerre de Quatre-vingt ans aux Pays-Bas espagnols

Chrystel Bernat, La dilection divine. Usages et enjeux d’une proximité élective dans la littérature pastorale huguenote en temps de persécution (XVIIe et XVIIIe siècles)

 

Troisième partie : Transpositions et mises en scène 

Audrey Duru, Sensibilité divine et communauté émotionnelle dans la tragédie humaniste biblique : le Jephté latin de Buchanan (1554) et ses traductions françaises (1566-1601)

Claudie Martin-Ulrich, Les émotions de Dieu dans l’oraison funèbre de la Renaissance française : un cas d’école ?

Paula Barros, De la « sobre intempérance » divine à la sanctification des passions humaines : émotion et spiritualité dans l’Angleterre du premier XVIIe siècle

Frédéric Gabriel, La Passion comme mise en scène de l’émotion : rhétorique et christologie chez Jacques Biroat

Sébastien Drouin, Postface. Divines émotions humaines

Current Approaches to the Study of Religion

Aims, Methods, and Theories of Research

 

McCutcheon, Russell T. (ed.)

To be published: June 2020

 

Though in existence in Europe since the late 19th century, the study of religion began in earnest in North American only in the early to mid-1960s. A divergent field-evidence of long standing theoretical controversies that continue to this day-what was once known as Comparative Religion today goes by a wide variety of names, from Religious Studies and the Science of Religion to what some now name Critical Religion Studies. Trying to manage this diversity and present the impression of a coherent field, Jacques Waardenburg published an authoritative anthology a generation ago, which tracked the field’s key theoretical and methodological debates, from F. Max Muller to the 1950s. But a generation or more has passed since that volume and it is time for a follow-up that begins where Waardenburg left off. This anthology collects together works by the key scholars who have contributed to the study of religion over the past sixty years-representing a wide variety of theoretical and methodological innovations, from feminist and material religion studies to discourse theory and the cognitive science of religion.

(Text by the editor)

Roma, la città degli dèi

La capitale dell’Impero come laboratorio religioso

a cura di: Corinne Bonnet, Ennio Sanzi, 2018

 

All’Vrbs, Orbis per vocazione, conducono tutte le vie attraverso le quali usi e costumi “stranieri”, in particolare i culti, giungono nella capitale dell’Impero e la trasformano. Non sempre in un clima idilliaco e indolore, Roma caput mundi vede tradizioni, usanze e norme spesso di portata ancestrale coabitare assieme a externae superstitiones; il “naturale” risultato è la messa in opera di un compromesso creativo, capace di garantire tanto distinzione e prestigio quanto legami e certezze, e comunque la pax deorum che regge la “fatale” missione di Roma. Attraverso i vari racconti che compongono il libro – storie di gente, potere, spazi, immagini e simboli più o meno condivisi – si dà corpo e complessità a Roma, autentico laboratorio multiculturale, dalla fine della Res publica fino ai cambiamenti epocali del IV secolo.

(Text by the editors)

 

Indice:

Introduzione.

«Il laboratorio comune della terra» di Corinne Bonnet e Ennio Sanzi

 

Parte prima

Vettori e attori di culto

  1. Su alcuni fedeli della Mater Magna di Françoise Van Haeperen

Il gallo Genucio, né uomo né donna/Il dendroforo Poblicio Ilaro, mercante di perle/Conclusioni

  1. Marco Volusio: un magistrato in fuga travestito da Anubis di Laurent Bricault e Valentino Gasparini

La fuga di Marco Volusio nel 43 a.C./Il contesto storico del racconto di Valerio Massimo/La fuga di Domiziano nel 69 d.C./Intrighi amorosi nel tempio di Iside sotto il regno di Tiberio/Conclusioni

  1. Plotino a Roma tra politica, religione e filosofia di Riccardo Chiaradonna

Plotino nella Roma del III secolo/La polemica antignostica/L’atteggiamento verso la politica e la religione

  1. Vettio Agorio Pretestato: aristocrazia romana, “culti orientali” e cristianesimo di Francesco Massa

Una vita esemplare alla “fine del paganesimo”/L’aristocrazia romana del iv secolo tra pagani e cristiani/Il cumulo delle cariche religiose/Una vita di coppia tra pietà, iniziazioni e immortalità/La carriera di Pretestato come specchio della religione tradizionale romana

  1. Iuppiter Dolichenus e i militari tra Celio ed Esquilino di Ennio Sanzi

Iuppiter Optimus Maximus Dolichenus: un dio “orientale”/La devozione “militare” dolichena sul Celio/La devozione “militare” dolichena sull’Esquilino

 

Parte seconda

Culti stranieri e orientamento politico

  1. La frigia Cybele e le Guerre puniche di Valentina D’Alessio

Il contesto storico-politico/Il ruolo della divinazione/L’ideologia del trasferimento/L’assetto del culto

  1. Anubis: principato e poesia a Roma di Ennio Sanzi

Ovidio e i poeti “contemporanei”/Teletusa, Isis e Anubis latrator/Cleopatra, Isis e Anubis latrator/Properzio e la devozione isiaca/Virgilio, Properzio, Ovidio: a ognuno il suo Anubis latrator

  1. I Flavi, Roma e il culto di Isis di Laurent Bricault e Valentino Gasparini

Vespasiano: un esempio di Realpolitik/La politica religiosa di Vespasiano, aspirante imperatore/La politica religiosa degli eredi di Vespasiano, Tito e Domiziano

  1. Un dio siriano alla corte di Giulia Domna e di Elagabalo di Nicole Belayche

Le principesse dei Severi, ovvero delle siriane sul Palatino/Combinare l’Impero di Roma e il sacerdozio di un dio straniero?/Heliogabalus, dio di Emesa che domina sul Tevere/«Secondo il rito del suo paese d’origine»/«Che a Roma non fosse venerato altro dio al di fuori di Heliogabalus»/Quando l’identità è nel costume/Alessandro Severo: l’imperatore che rifiutò di passare per un siriano

  1. Costantino, Pietro e la trasformazione di Roma di Lorenzo Bianchi

La conversione di Costantino/Nuovi riferimenti topografici e primo sviluppo della città cristiana/Pietro, nuovo fulcro di Roma cristiana/Costantino e Pietro

 

Parte terza

Coabitazioni cultuali

  1. Templi, associazioni e sacerdozi di Jörg Rüpke

Introduzione/“Infrastrutture” religiose?/Associazioni/Collegisacerdotali/Conclusioni

  1. Ostia: un microcosmo religioso di Françoise Van Haeperen

Divinità ancestrali e divinità straniere nei santuari pubblici di Ostia/Divinità ancestrali e divinità straniere nei luoghi di culto delle associazioni

  1. Incontri e coabitazioni nel santuario di Iuppiter Dolichenus sull’Aventino di Ennio Sanzi

Il Dolocenum sull’Aventino: residenza di divinità grecoromane e “orientali”/Iuppiter Optimus Maximus Dolichenus e le divinità tradizionali/Iuppiter Optimus Maximus Dolichenus e le divinità “orientali”

  1. Gli dèi di Palmira nel cuore di Roma di Corinne Bonnet

Palmira, città cosmopolita, crocevia di scambi/Un altare bilingue dedicato a Malakbêl/Chi è Malakbêl?/A Roma, fra Testaccio e Gianicolo/Conclusioni

  1. Divinità romane e “orientali” sul Gianicolo di Nicole Belayche

L’installazione topografica degli orientali a Roma/La coabitazione tra divinità romane e dèi venuti dall’Oriente/Un devoto di esemplare integrazione: Marco Antonio Gaionas/L’evoluzione del santuario nel iv secolo: un “serapeo”/Conclusioni

  1. Da Tanit cartaginese alla Dea Caelestis sul Campidoglio di Claudia Santi

Premessa/Tanit a Cartagine/Tanit a Roma/Da Tanit alla Dea Caelestis

 

Parte quarta

Immagini e simboli

  1. La tauroctonia mitriacadi Francesca Prescendi

Il culto di Mithra nell’Impero romano/Tauroctonia e sacrificio/La tauroctonia nella mitologia di Mithra/Il culto di Mithra/Conclusioni

  1. Lamine votive e triangoli dolichenidi Ennio Sanzi

Le divinità tradizionali, gli imperatori divinizzati, il mos maiorum e Iuppiter Optimus Maximus Dolichenus/Iuppiter Optimus Maximus, Iuppiter Optimus Maximus Dolichenus e le lamine votive/I triangoli votivi: un compendio di teologia dolichena

  1. Un obelisco per Antinoodi Laurent Bricault e Valentino Gasparini

Vita, morte e divinizzazione di Antinoo/Il culto di Antinoo fuori dall’Egitto/La tomba di Antinoo

 

Parte quinta

Magia ed esotismo

  1. Lo sguardo di Roma sull’Oriente di Nicole Belayche

L’Oriente non è una nozione geografica/Un Oriente popolato da “barbari” e da “popoli di buona reputazione”/Riflessi identitari di fronte all’immigrazione a ovest delle popolazioni orientali/I tratti presunti di un’“identità orientale”/Il caso degli Egiziani e degli Ebrei/Conclusioni

  1. Lo sguardo cristiano sui “culti orientali” di Francesco Massa

Minucio Felice: nemici diversi ma uguali accuse/Firmico Materno: l’origine diabolica dei “culti orientali”/Due poemi cristiani: ridere dell’aristocrazia romana e dei suoi culti/L’immaginario cristiano e la moderna storia degli studi

  1. Magia contro mos maiorum: una sfida “senza storia” di Ennio Sanzi

Un rito magico va a vuoto/Augustales, Flaviales et ordo decurionum/Iuppiter Optimus Maximus e il tempio sul Campidoglio/Il legame indissolubile tra Iuppiter Optimus Maximus e l’Vrbs: il funus gentilicium, la toga virilis e il triumphus/Iuppiter Vindex/Magia contro mos maiorum: «Il sugo di tutta la storia»

  1. Divinità romane e straniere nelle gemme e nei papiri magici di Attilio Mastrocinque

Il dio solare/La dea lunare/Il dio della notte e dei morti/Il dio a forma di uccello/Immagini geroglifiche del potere divino/Conclusioni

Conclusioni. «Attraverso i secoli mille strade portano gli uomini a Roma» di Corinne Bonnet e Ennio Sanzi

 

Cronologia degli imperatori romani fino al 476 d.C.

Tavole

Bibliografia

Atelier « Pseudoplatonica et écrits authentiques de Platon », 

dans le cadre du projet « Pseudopythagorica : stratégies du faire croire dans la philosophie antique ».

Conception et coordination scientifique :
Francesca Scrofani (assoc. Centre Jean Pépin, CNRS)
Marco Donato (Istituto Italiano per gli Studi Filosofici, Napoli)

 

15 mars 2019

10h – 17h

Fondation Maison des sciences de l’homme

54, Boulevard Raspail – 75006 Paris

Salle 15 (sous-sol)

 

Le Salon Philo Mercredi 13 février à 18h.

 

Nous accueillerons Annick Jaulin, Professeur émérite de philosophie. Elle viendra nous parler de son livre :

« Alexandre d’Aphrodise et la métaphysique aristotélicienne », Peeters, 2017

Elle nous présentera le projet du site internet : Didaskalos.

(Text by the organizers)

Coptica

TEXTES COPTES ET DOCUMENTS

 

Le site personnel COPTICA, initialement destiné aux étudiants en égyptologie de l’Université de Genève, s’adresse aux amateurs de  langue égyptienne  et de  littérature copte. Les uns y trouveront les textes et indices nécessaires à la poursuite de leur cursus universitaire ainsi que des liens essentiels. Les autres y trouveront informations et outils de travail.

(Texte des organisateurs)

 

https://www.coptica.ch

CFP : Colloque “Interroger le texte à l’ère de l’“intelligence mécanique” : la stylistique outillée, au carrefour du disciplinaire et de l’interdisciplinaire”

11 et 12 juin 2019, Montpellier

 

« Je me souviens de l’étonnement où je fus plongé, il y a deux ou trois ans, lorsque des Américains, dans la maison desquels je fréquentais, me parlèrent pour la première fois de « laboratoires de philologie », de « manipulations de textes », d’ »ateliers de psychologie ». […] Je compris que les sciences, les arts, les lettres et la poésie elle-même, tout cela se ferait désormais à la machine.

J’admirai une fois de plus combien les humains sont industrieux et je souhaitai une occasion d’apprendre le maniement d’une de ces intelligences mécaniques au prix desquelles mon cerveau ne me paraissait plus qu’un joujou inutile. » (G. Apollinaire, « La Sorbonne est ébranlée », L’Intransigeant, 5 avril 1911)

 

Appel à communications

Le développement de projets pluri- et interdisciplinaires en Humanités numériques et l’importance des sources littéraires mises à disposition par la numérisation massive d’archives invitent, ces dernières années, à interroger les méthodes de leur exploration outillée. Les éditions numériques enrichies, l’annotation variée, collective et interopérable des ressources littéraires posent en particulier la question de leur spécificité auctoriale et générique lorsqu’elles sont préparées et interrogées dans un environnement numérique. Ainsi, les “données textuelles” extraites d’oeuvres littéraires et analysées par divers outils numériques (lexico- ou textométrie, calculs statistiques,  méthodes de plongement lexical) demandent en effet à être singularisées et reconnues dans leur spécificité intentionnelle et stylistique (Garric et Maurel-Indart, 2010 et 2011). Leurs caractéristiques propres (leur textualité et leur dimension discursive par exemple) doivent alors être prises en compte dans leur étude (notamment quantitative) et confrontées à d’autres analyses qualitatives.

Progressant dans le sens d’une « reconquête de l’expression » (Rastier, 2011), l’enrichissement informatique du texte ouvre la voie à de nouveaux objets d’étude, de nouveaux faits observables et, par conséquent, à une théorie à construire. C’est dans cette perspective qu’émergent de nouvelles disciplines, comme la “stylistique outillée”, dans le sillage de la linguistique de corpus (Williams, 2005), de l’analyse du discours (Maingueneau et Amossy, 2003, Adam et Heidmann,  2005) et de l’analyse lexico- et textométrique (Lebart et Salem, 1994, Pincemin, 2008, Brunet, 2009, Ablali et Kastberg-Sjöblom, 2010).

Cet héritage influence les définitions de cette “stylistique outillée”, ainsi nommée depuis quelques années seulement, qui articule aujourd’hui l’analyse computationnelle et statistique du style (reconnaissance de patterns, attribution d’auteurs, etc.) et sa modélisation au regard des langues, des genres et des périodes considérés. Or on constate que si la linguistique de corpus et l’analyse statistique de textes (littéraires ou non) se sont implantées depuis longtemps dans le champ des études linguistiques, la stylistique outillée reste parfois en marge des “sciences de la culture” et occupe une place assez timide au sein des études stylistiques dont elle adapte les unités d’analyse et la méthode d’exploration des textes.

La méthodologie développée par ce type d’approches outillées engage en effet à des redéfinitions pragmatiques de la notion de style (Herrmann et al., 2015) en y intégrant une dimension contrastive et empirique. L’ancrage de la stylistique outillée dans des travaux inter et pluridisciplinaires semble considérablement influencer non seulement ses objets d’études, mais aussi la conception de son corpus et sa manière de rendre visibles et lisibles ses observables (Jacquot, 2016).

Dans la continuité d’autres conférences internationales qui appelaient à communiquer sur les avancées en “stylistique outillée” (“Machiner la poésie”, “CfP: Digital Stylistics in Romance Studies and Beyond”, “Colloque International PhraseoRom”, par exemple), ce colloque s’articulera autour de deux axes de réflexion :

  • Le premier axe interrogera l’aspect outillé de cette discipline et appelle à proposer des retours d’expériences :
    • La stylistique outillée propose-t-elle seulement une méthode d’analyse des textes ou est-elle susceptible d’acquérir davantage de légitimité conceptuelle et épistémologique ? Dans ce cas, comment articuler ces deux dimensions ? Quelles en sont les conséquences pour un travail inter- et pluridisciplinaire (linguistique, stylistique, littéraire, sociologique, anthropologique…) ?
    • Comment résoudre d’un point de vue méthodologique les problèmes posés par une modélisation textuelle (au niveau des unités structurelles, par exemple) pour confronter les genres et les langues ? Comment les solutions trouvées sont-elles “négociées” et harmonisées ?
    • Comment définir une annotation stylistique ? Comment ménager une annotation “stratifiée” (c’est-à-dire une annotation qui intervient à différents niveaux de l’analyse textuelle et linguistique) ? Quelles sont les techniques automatisées existantes sur lesquelles la stylistique outillée peut se fonder (annotations sémantiques, enrichissement par plongement lexical, etc.) ? Quelle place lui donner dans un projet inter- ou pluridisciplinaire ?
  • Le second axe s’attachera à questionner les apports de la stylistique outillée dans le cadre d’analyses contrastives :
    • Que peut-on chercher à comparer ? Dans quelle mesure ce travail de confrontation contribue-t-il à définir les contours de cette discipline (Underwood, 2014) ?
    • Quelles sont les techniques d’extraction de données et de visualisation utilisées en stylistique outillée au regard des problèmes spécifiques posés par la dimension contrastive de l’analyse stylistique ? En quoi s’inspirent-elles de l’existant (key-words, clustering, AFC) ?
    • Comment ces changements méthodologiques et pratiques modifient-ils la manière d’interpréter les textes ? Comment les dimensions outillée et/ou contrastive contribuent-elles à la faciliter et à la complexifier ? Peut-on parler de “complémentarité” d’approches ?

Les questions proposées ici ne sont évidemment pas exhaustives. Les communications pourront porter sur des corpus en français ou d’autres langues ou sur des corpus contrastifs (langues, genres, auteurs différents). Cette conférence invite tout particulièrement les chercheuses et chercheurs participant à des projets qui intègrent la stylistique outillée ou qui travailleraient à construire leurs propres outils d’analyse à venir présenter leur expérience.

 

Références bibliographiques indicatives

  • Ablali D. et Kastberg-Sjöblom M. (dir.), Linguistique et littérature : Cluny, 40 ans après, Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté, 2010.
  • Adam J-M., Linguistique textuelle. Des genres de discours aux textes. Paris, Nathan, 2004.
  • Adam J-M. et Heidmann U, Sciences du texte et analyse de discours, Genève, Editions Slatkine, 2005.
  • Biber, D et Conrad, S., Register, Genre, and Style. Cambridge, UK; New York, Cambridge University Press, 2009.
  • Brunet E., Comptes d’auteurs. Vol. 1 : Etudes statistiques de Rabelais à Gracq, Paris, H. Champion, 2009.
  • Burrows, J., “‘Delta’: A Measure of Stylistic Difference and a Guide to Likely Authorship.”, in : Literary and Linguistic Computing, 17/3, 2009, p. 267-87. URL :  https://doi.org/10.1093/llc/17.3.267
  • Garric, N. et Maurel-Indart, H. (dir.), Vers une automatisation de l’analyse textuelle, in Texto !, [En ligne], Volumes XV – no 4 (2010) et XVI – no 1 (2011)
  • Guiraud, P., Les Caractères statistiques du vocabulaire, Paris, Presses Universitaires de France, 1954
  • Guyot, A. (2006), « Stylèmes et corpus génériques : un essai de confrontation au service de la stylistique des genres », Corpus, n°5, décembre 2006, en ligne, http://corpus.revues.org/index472.html
  • Herrmann, J. B., Schöch, C. et van Dalen-Oskam, K., “Revisiting Style, a Key Concept in Literary Studies”, in : Journal of Literary Theory, 9/1, 2015, p. 25-52.
  • Jacquot, C., “Rêve d’une épiphanie du style : visibilité et saillance en stylistique et en stylométrie”, in : Revue d’histoire littéraire de la France n°3, 2016, p. 619-670
  • Lebart L. et Salem A., Statistique textuelle, Paris, Dunod, 1994.
  • Leech, G. N., et Short, M., Style in Fiction: A Linguistic Introduction to English Fictional Prose. London ; New York, Longman, 2007.
  • Magri-Mourgues, V. (dir.), Corpus, 5 “Corpus et stylistique”, 2006.
  • Mahlberg, M. Corpus Stylistics and Dickens’s Fiction. London, Routledge, 2013.
  • Maingueneau D. et Amossy R. (dir.), L’Analyse du discours dans les études littéraires, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2003.
  • Malrieu, D. & Rastier, F. (2001), « Genres et variations morphosyntaxiques », Traitement automatique des langues, vol. 42, n°2, pp. 548-577.
  • Molinié G. et Cahné P. (éds.), Qu’est-ce que le style ?, Paris, P.U.F, 1994.
  • Pincemin, B., « Modélisation textométrique des textes », JADT 2008, 9èmes Journées internationales d’Analyse statistique des Données Textuelles. Mar 2008, Lyon, France. Presses Universitaires de Lyon, 2, p.949-960, 2008.
  • Rastier François. Arts et Sciences du texte, Paris, Presses Universitaires de France, 2001.
  • Rastier, François. La Mesure et le grain, Paris, Presses Universitaires de France, 2011.
  • Schöch, C., “Topic Modeling Genre: An Exploration of French Classical and Enlightenment Drama.” in : Digital Humanities Quarterly, 11/2 [en ligne], 2017. URL : http://www.digitalhumanities.org/dhq/vol/11/2/000291/000291.html.
  • Underwood, T., “Understanding Genre in a Collection of a Million Volumes, Interim Report.” [en ligne], 2014.
  • Viprey, Jean-Marie. « Morneille, Colière et messieurs Labbé » [en ligne] URL : http://elliadd.univ-fcomte.fr/archives_laseldi/document/affaireMorneilleColiere/morneille.htm 2003.

(Text by the organizers)

TRISMEGISTOS

An interdisciplinary portal of papyrological and epigraphical resources formerly Egypt and the Nile valley (800 BC-AD 800), now expanding to the Ancient World in general.

(Text by the organizers)

 

Contact: Mark Depauw – Project Director
K.U.Leuven – Faculty of Arts, Blijde Inkomststraat 21 bus 3307, 3000 LEUVEN, BELGIUM
(+32) (0)16 32 49 27
Mark.Depauw@kuleuven.be