• Identifiant
    • M5h8d0tq
  • Contenu de la note
  • Seconde suggestion : on peut distinguer un Intellect en repos et un Intellect en mouvement. Les traités séthiens Allogène et Zostrien font une distinction semblable, qui correspond aussi à celle du chap. 6, 14-24. L’éon Barbèlo contient trois sous-éons : Kaluptos, Protophanes, Autogenes. Ceux-ci s’apparentent, dans l’ordre, à un intellect contemplé, à un intellect contemplant et à un intellect qui réfléchit (voir J. Turner, Sethian Gnosticism and the Platonic tradition, p. 534-546 et 696-697 ; puis, du même auteur, « Gnosticism and Platonism », p. 442-444). Kaluptos contient en lui les archétypes et les formes de ce qui existe réellement ; Protophanes est une image noétique de Kaluptos et il intellige les formes ; Autogenes devient une image de Protophanes, il connaît chaque forme et agit de manière autonome afin de corriger les manques de la nature (Allogène [NHC XI, 3], 51, 12-37). F. García Bazán tente toutefois de montrer que Plotin a en vue, ici et au chap. 6, la gnose valentinienne (« The “second god” in Gnosticism and Plotinus’s anti-Gnostic polemic »).

    Le présent passage est d’autant plus intéressant que Plotin, s’il affiche maintenant un net désaccord avec l’idée de multiplier l’Intellect, se montrait plus ambigu au Traité 13 (III, 9), 1, qui fait justement l’exégèse du Timée 39 e. Plotin n’est pas loin de dédoubler l’Intellect, lorsqu’il écrit : « Rien n’interdit de dire que l’intelligible est l’Intellect en repos, dans l’unité et la tranquillité, et que, par ailleurs, l’Intellect qui voit cet Intellect qui demeure est un acte qui vient de l’Intellect et qui voit l’Intellect en repos. Et en le voyant, l’Intellect est en quelque sorte l’Intellect de l’Intellect en repos et cela parce qu’il le pense » (13 [III, 9], 1, 15-20). Puisque le débat sur le nombre d’Intellects faisait rage depuis longtemps chez les platoniciens, Plotin ne s’en prend sans doute pas qu’aux gnostiques. Son propre disciple Amélius, commentant à son tour Timée 39 e, aurait posé trois intellects : celui qui existe, celui qui possède et celui qui voit (Proclus, Commentaire du Timée I, 306, 1-14 et III, 103, 18-28 Diehl ; voir les explications de L. Brisson dans « Amélius : sa vie, son oeuvre, sa doctrine, son style », p. 831-833). Numénius, en se rapportant lui aussi au Timée 39 e, distingue trois intellects, qui correspondent à trois dieux (Proclus, Commentaire au Timée III, 103, 28-32 Diehl = fr. 22 des Places). Il affirme en outre que le premier dieu est au repos, alors que le second dieu est en mouvement (Eusèbe, Préparation évangélique XI, 18, 20, 1-2 Mras = fr. 15, 3-4 des Places). La tripartition de l’intellect Barbèlo dans les traités séthiens provient sans doute de Numénius (voir J. Turner, Sethian Gnosticism…, p. 542-543 et 696-697). Pour plus de détails sur l’exégèse plotinienne de Timée 39 e, voir les notes au chap. 6, 19-24.

  • Remarques de l'éditeur
  • Luciana Santoprete
    • Contexte
    • Note 17 au Traité 33 (II, 9), 1, 26-27
    • Page
    • 240-241
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  • Appartenances
  • Traité 33 (II, 9) Extrait § 1 (L 27) + Traité 33 (II, 9) Extrait § 6 (L 21) + Traité 13 (III, 9) Extrait § 1 (L 21)