• Identifiant
    • t0QYzcj3
  • Contenu de la note
  • Tel est le principe philosophique qui fonde l’affirmation : Aphrodite est l’âme de Zeus. D’autre part le principe exégétique est le suivant (8, 17-19) : les dieux mâles sont à ranger du côté de ce qui est Esprit, les déesses à ranger du côté des âmes des dieux, donc du côté des âmes, en quelque sorte épouses, liées à des Esprits. Ce principe théologique suppose donc évidemment le principe philosophique : à chaque Esprit est liée une âme. Nous entrevoyons ici ce que l’on pourrait appeler, pour reprendre une expression que l’on emploie à propos des systèmes gnostiques, une théorie des syzygies, c’est-à-dire des couples mythico-métaphysiques : les âmes, selon Plotin, sont les épouses des Esprits, et les couples métaphysiques correspondent aux couples mythiques. Cette assimilation Esprits-mâles, âmes-épouses, se fonde sur l’idée qu’en un certain sens les âmes sont matière, donc réceptivité, par rapport aux Esprits (10 [V, 1], 3, 23). Plotin, en tout cas, n’a nulle part appliqué lui-même ce principe d’allégorie. D’une manière générale, les allégoristes, semble-t-il, ont toujours songé à essayer de trouver un principe d’interprétation générale pour les figures divines masculines et pour les figures divines féminines. (…) ce principe sert à Plotin pour interpréter les figures de Zeus et d’Aphrodite dans le Banquet et définir à quelles entités métaphysiques elles correspondent. Nous avons vu plusieurs fois qu’Aphrodite, mère du démon Éros, ne peut être que l’âme entrée en rapport avec le monde, l’âme du monde (3, 30 ; 4, 25 ; 6, 25). Selon l’argumentation présente (8, 20), Aphrodite est l’âme de Zeus et Zeus est l’Esprit.

  • Remarques de l'éditeur
  • Luciana Santoprete
    • Contexte
    • Commentaire au Traité 50 (III, 5), 8, 17-20
    • Page
    • 238-239
  • Sources modernes
  • +
  • Sources anciennes
  • Mots-clefs français
  • + + +
  • Liens
  • Appartenances
  • Traité 50 (III, 5) Extrait § 8 (L 17-20) + Traité 10 (V, 1) Extrait § 3 (L 23)