• Identifiant
    • PNTRi7lS
  • Contenu de la note
  • On peut aussi remarquer que c’est seulement à partir de la ligne 11, où Plotin nomme explicitement les quatre éléments, que l’on peut dire que l’argument est adressé contre les stoïciens en particulier. En effet, ces derniers pensaient que l’âme est constituée d’éléments (voir SVF, II, 789 ; Plotin, Enn. 33 [II, 9], 5, 16-18 où pourtant cette conception est attribuée aux gnostiques). Ils affirmaient qu’elle est feu ou le résultat d’un mélange entre le feu et l’air, c’est-à-dire le souffle (πνεῦμα, traduit en latin par spiritus; pour l’idée de l’âme en tant que feu voir SVF, I, 134 ; II, 775 ; pour l’idée de l’âme en tant que souffle voir SVF, I, 135-138, 140, (p. 113-114) 145-146, 521 ; II, 773-774, 777-779, 782-783, 786-787 – souffle composé de feu et d’air –, 792, 796) (note 3 : Le fragment SVF, II, 782 se trouve traduit et commenté dans The Hellenistic Philosophers, Cambridge, Cambridge University Press, 1987 ; trad. fr. Les Philosophes hellénistiques, trad. J. Brunschwig et P. Pellegrin, I-III, Paris, Flammarion, 2001, p. 339, 351 s. Pour les arguments en faveur de la nature corporelle de l’âme dans la doctrine stoïcienne voir A. Long, « Soul and Body in Stoicism », Phronesis XXVII [1982], p. 34-57, en particulier p. 42-43. Pour une étude sur le rapport entre Plotin et le stoïcisme voir A. Graeser, Plotinus and the Stoics. A Preliminary Study, Leyde, Brill, 1972, p. 25-26 et 44 en relation avec notre chapitre plotinien, Graeser exhorte à ne pas parler de « sources » à propos des fragmencs stoïciens qui nous sont parvenus, mais plutôt de « textes parallèles », étant donné que le matériel qui reste est très maigre, que l’on ne sait pas quels étaient les textes que Plotin peut avoir lus et qu’il semble les citer par cœur d’une façon assez approximative [Graeser, Plotinus and the Stoics. A Preliminary Study, p. XIV]).

    Au contraire, Plotin se réfère d’une façon explicite aux atomes en tant que composantes éventuelles de l’âme (et donc à la doctrine de Démocrite et d’Épicure) seulement à partir du début du chapitre 3. Graeser pense qu’ici l’argument de Plotin n’arrive pas à réfuter les stoïciens, car pour eux l’âme consiste en un corps spécial, fin, qui se meut lui-même (ἐξ αὐτοῦ κινοῦμενον, SVF, II, 780 ; voir Graeser, p. 25-26). Mais il faut considérer que dans le système de Plotin le mouvement des corps est seulement accidentel (voir Plotin, Enn. 44 [VI, 3], 2, 24-26 ; 52 [II, 3], 18, 19) et que dans le même fragment stoïcien cité par Graeser l’automouvement du corps se vérifie selon les raisons séminales (κατὰ λόγους σπερματικούς), et celles-ci sont données, selon Plotin, de la part de l’intellect à l’âme de l’univers (voir Plotin, Enn. 52 [II, 3], 17, 12-14).

    À ce stade, on pourrait objecter à Plotin qu’il y a d’autres éléments à part les quatre susdits et qu’ils pourraient être les bons candidats que l’on cherche. Néanmoins, Plotin affirme qu’il n’y a pas d’autres corps à part les quatre (et ceux qui sont composés à partir d’eux). Et même si certains ont envisagé d’autres éléments, comme il semble que cela a été fait, en réalité ces gens-ci ont soutenu que les éléments supplémentaires sont à leur tour des corps dépourvus de vie et donc il ne s’agit pas d’âmes (ce que l’on cherche).

  • Remarques de l'éditeur
  • Luciana Santoprete
    • Contexte
    • Commentaire du Traité 2 (IV, 7), 2, 9-15
    • Page
    • 113-114
  • Sources modernes
  • +
  • Sources anciennes
  • Mots-clefs français
  • + + + + +
  • Liens
  • Appartenances
  • Traité 2 (IV, 7), 2, 15 + Traité 33 (II, 9), 5, 18