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    • uifi1HlZ
  • Contenu de la note
  • La question de l’immortalité de l’âme reste en somme, chez Plotin comme chez Platon et les stoïciens, une question physique et cosmologique autant qu’une question intéressant la destinée humaine ; les âmes sont les forces qui animent le monde, et la conservation éternelle du monde implique la perpétuité des âmes. Le problème de la destinée morale proprement dite devient aussi, d’une manière bien curieuse, solidaire de l’affirmation de l’éternité du monde : seul le christianisme, en concevant une âme indépendante de toute fonction cosmologique, a pu rompre cette solidarité. Pour les difficultés du platonisme, la première consiste dans le problème posé par l’union de l’âme et du corps ; si l’âme fait partie des êtres intelligibles, comment ne reste-t-elle pas séparée ? Encore ici, la brève solution que donne Plotin indique nettement les deux raisons qu’il développera dans ses travaux ultérieurs ; l’âme « procède » par une sorte de nécessité en dehors de l’intelligence ; de plus ce n’est que par ses parties inférieures qu’elle entre dans le corps ; même alors, ce qu’il y a d’essentiel en elle reste séparé. La deuxième difficulté, celle des âmes animales, est résolue par la palingénésie. Plotin ne trouve, en troisième lieu, aucune difficulté à accorder l’immortalité aux âmes des plantes. La quatrième difficulté suppose des interprètes qui voient une contradiction entre le Phédon qui affirme la simplicité de l’âme, et la République qui la divise en trois parties ; dans cette dernière hypothèse, que vaudra l’argument du Phédon, fondé sur la simplicité de l’âme ? Cette objection dérive d’Aristote (De Anima I 5, 18). La réponse de Plotin s’appuie certainement sur le Timée qui fait voir le caractère accidentel et passager de l’union de la partie rationnelle de l’âme avec les facultés irrationnelles ; l’âme pure n’est que raison. Il faut remarquer seulement que cette réponse est en parfait accord avec des idées fort répandues dans les religions orientales de l’époque, et exposées notamment dans la littérature hermétique, où elles se développent en des images mythiques, absentes chez Plotin comme chez Platon.

  • Remarques de l'éditeur
  • Luciana Santoprete
    • Contexte
    • Notice du Traité 2 (IV, 7)
    • Page
    • 187-188
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  • Appartenances
  • Traité 2 (IV, 7) (entier)